Les révé­la­tions poignantes d’Emma Navarro, 24e mondiale : « Je ne m’étais jamais sentie aussi mal de ma vie. J’avais l’im­pres­sion d’être décon­nectée de moi‐même et de mon corps »

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Dans un témoi­gnage posté sur Instagram, l’Américaine Emma Navarro, 24e mondial, a révélé les souf­frances physiques et psycho­lo­giques qu’elle a endu­rées ces dernières années en raison du syndrome REDs (déficit éner­gé­tique relatif dans le sport), qu’on lui a diag­nos­tiqué fin 2025.

« J’ai joué 88 matches en 2023. Me pousser à la limite avait toujours été ma façon de faire. Mais quelque chose clochait. Je ressen­tais des émotions que je n’avais jamais connues aupa­ra­vant. Irritabilité, frus­tra­tion, perfec­tion­nisme, inquié­tude et colère. Tout a commencé à m’agacer. Mon équipe, les autres, toute imper­fec­tion sur le terrain, chaque erreur, chaque point perdu. En plus de tout ça, j’avais faim. Chaque heure de la journée, j’avais faim. J’avais perdu presque neuf kilos en 2023 et je pensais faire ce que les athlètes sont censés faire : devenir maigre pour opti­miser les perfor­mances. Mon système immu­ni­taire s’af­fai­blis­sait. Je tombais beau­coup plus souvent malade. J’ai commencé à avoir des maux de tête persis­tants et des épisodes de vertige. Je n’ar­ri­vais plus à réflé­chir ni à me souvenir des choses. Mon cerveau était lent et fatigué, mon corps aussi. Je me réveillais aussi fati­guée qu’au moment de me coucher. J’avais des érup­tions cuta­nées sur mon cou et mon cuir chevelu. En Australie, en janvier 2025, je ne m’étais jamais sentie aussi mal de ma vie. Maux de tête, vertiges, brouillard céré­bral, fatigue, anxiété, sautes d’hu­meur, et l’im­pres­sion d’être décon­nectée de moi‐même et de mon corps. »

Aujourd’hui, Emma Navarro semble toute­fois aller mieux. La joueuse de 25 ans explique avoir retrouvé son énergie et surtout le plaisir de vivre, au point d’avoir décidé de privi­lé­gier sa santé plutôt que son retour immé­diat sur les courts. Elle ne reprendra pas la compé­ti­tion cette année et envi­sage un retour à l’oc­ca­sion de la tournée austra­lienne en 2027.

« Alors oui. J’ai pris un peu de poids cette année. Mais j’ai aussi retrouvé ma vie. J’ai suffi­sam­ment d’énergie pour profiter plei­ne­ment de chaque jour, pour m’entraîner ou disputer des compé­ti­tions aussi inten­sé­ment que je le souhaite, et pour mener une vie en dehors du tennis. Pour rire, être curieuse, être spon­tanée, passer du temps avec les personnes qui comptent pour moi, ressentir de la joie, de l’espoir et de la posi­ti­vité, et appré­cier ce cadeau incroyable qu’est la vie. Et j’ai appris qu’aucun chiffre sur la balance ni aucune minceur physique n’ont plus de valeur que ta santé ou ton bien‐être. Cela étant dit, je vais consa­crer le reste de l’année à affiner mon trai­te­ment médi­ca­men­teux et mes proto­coles nutri­tion­nels afin, je l’espère, de me sentir à nouveau à 100 % de mes capa­cités. Je ne parti­ci­perai pas à des compé­ti­tions en Asie cette année, mais je prévois de reprendre la route à partir de l’Australie en 2027. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.