Marta Kostyuk : « Il fut un temps où j’étais telle­ment obsédée par la guerre que j’avais l’im­pres­sion de trahir ma famille et les personnes qui étaient sur le terrain si je ne lisais pas les nouvelles ou si je ne ressen­tais pas d’anxiété »

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Lors d’un entre­tien accordé au média BTU, l’Ukrainienne Marta Kostyuk, actuelle 12e mondiale, s’est confiée sur les réper­cus­sions de l’invasion russe de son pays, et de la guerre qui a suivi, sur sa santé mentale.

« J’ai indé­nia­ble­ment changé. Les moments de stress et les crises de la vie déclenchent certains processus en nous. Chacun a une grande marge de progres­sion, dans ses réac­tions, son humeur, sa capa­cité à gérer le stress. J’ai vu cela comme une oppor­tu­nité d’apprendre à surmonter les situa­tions diffi­ciles et à mieux me connaître, mais cela s’accompagne de grandes souf­frances. Mon objectif est de trouver un équi­libre aussi stable que possible. Il fut un temps où j’étais telle­ment obsédée par la guerre que j’avais l’im­pres­sion de trahir ma famille ou les personnes qui étaient sur le terrain si je ne lisais pas les nouvelles ou si je ne ressen­tais pas d’an­xiété. Cela affec­tait telle­ment mon quoti­dien que je devais me répéter : ’ Je ne suis pas en danger. Je peux prendre des déci­sions éclai­rées.’ L’année dernière, j’ai décidé de désac­tiver les alertes d’ac­tua­lités sur mon télé­phone. C’est devenu un moyen de gérer mon stress. On ne peut pas s’ex­poser constam­ment à ces infor­ma­tions si on ne les vit pas soi‐même. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.