Dans un article pour Eurosport UK, Patrick Mouratoglou, coach entre autres d’Aravane Rezai et de Sorana Cirstea, explique pourquoi des joueuses comme Serena Williams, Kim Clijsters ou Justine Henin continuent de remporter des titres majeurs dix ans après leurs débuts sur le circuit, sans parler de l’avènement tardif de Francesca Schiavone, tandis que des joueuses pourtant très talentueuses de la nouvelle génération tardent à percer : « L’une des raisons est les règlements de l’ITF en fonction de l’âge des joueuses. Ces règles tendent à empêcher des juniors de jouer trop tôt sur le circuit pro. Selon l’ITF, les jeunes athlètes peuvent se griller tôt dans leur carrière pour ensuite se retirer trop jeunes. Du coup à 14 ans, elles ne peuvent jouer que huit tournois, dix à 15 ans, dix‐sept à 16, vingt‐et‐un à 17 ans. Je suis d’accord à 100 % sur le fait que les institutions fassent tout leur possible pour protéger les jeunes joueuses, en empêchant les tournois d’exploiter les jeunes. Mais je demande si c’est vraiment mauvais pour une joueuse de raccrocher étant jeune. Il suffit de voir Martina Hingis, qui a raccroché tôt mais a remporté des tournois du Grand Chelem. Cet exemple prouve que parfois, il faut laisser faire la nature au lieu de punir des talents prêts à éclater. Je pense qu’il faut laisser les joueuses pratiquer leur meilleur tennis à l’âge où elles s’en sentent capables, où elles sont « in the zone ». Je dis ça en pensant notamment à Anastasia Pavlyuchenkova, que j’ai coachée pendant deux ans et demi. Elle a gagné l’Open d’Australie juniors à 14 ans, à 15 ans elle était numéro un en juniors, avec un haut niveau, elle aurait dû pouvoir jouer sur le circuit prinicipal, mais elle ne pouvait que jouer 10 tournois par an et ça a freiné sa progression, ça l’a empêché de s’adapter rapidement au plus haut niveau. C’est un peu à cause de cette loi qu’on voit pas mal de joueuses proches de la trentaine gagner des tournois, plutôt que des jeunes », a affirmé Mouratoglou.
Publié le vendredi 16 juillet 2010 à 13:41


