Serena, le retour après une année noire

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Sera‐t‐elle ou non de la partie ? La réponse est oui, et trois fois oui. Lors de la prochaine édition de l’US Open – 29 août/11 septembre 2011 –, les joueuses du circuit WTA devront compter sur la présence de Serena Williams. Après un an passé loin des courts de tennis en raison de multiples pépins de santé et une 172ème place au général, l’Américaine béné­ficie donc d’un statut de protégé pour la compé­ti­tion à venir comme l’in­dique le site internet du tournoi New‐Yorkais. Késako ? Malgré un clas­se­ment insuf­fi­sant pour norma­le­ment inté­grer le tableau final du Grand Chelem améri­cain, la cadette des sœurs Williams sera bel et bien au programme du tournoi majeur.

4 juillet 2010, Serena Williams exulte. Elle vient de remporter le tournoi de Wimbledon pour la quatrième fois de sa carrière face à Vera Zvonareva sur le score sans appel de 6–3, 6–2. Survolant la célèbre compé­ti­tion anglaise – elle ne concède aucun set –, la numéro une mondiale est sur un petit nuage. Seulement mi‐juillet, le temps n’est plus aux réjouis­sances. La sœur de Venus est fauchée en plein succès, victime d’une bles­sure handi­ca­pante au pied : « Ça s’est passé au restau­rant à Munich, nous en sommes sortis et j’ai ressenti une douleur au pied. […] Je me suis vite rendue à l’hô­pital où j’ai reçu six points de suture sur la plante du pied gauche, six sur la plante du pied droit. Je suis retournée aux États‐Unis, où j’ai passé une IRM et l’on m’a diag­nos­tiqué une déchi­rure au tendon. » Résultat des courses, pas d’US Open pour l’ath­lète qui a remporté par le passé la compé­ti­tion améri­caine à trois reprises. Même puni­tion pour l’Open d’Australie. Toujours très affai­blie par son pied meurtri, la joueuse de tennis préfère déclarer forfait à Melbourne et ainsi ne pas défendre son titre : « Comme j’ai pu m’en aper­ce­voir récem­ment, me remettre à fond dans l’en­traî­ne­ment trop tôt n’a fait qu’ag­graver ma bles­sure. » La réédu­ca­tion donc avant la compé­ti­tion pense‐t‐elle ; seul problème, le clas­se­ment général dont elle commence à chuter. C’est bien simple, absente du circuit près de 352 jours, Serena Williams n’est plus main­te­nant que 172ème joueuse mondiale… saucis­sonnée au clas­se­ment général entre une Australienne de 20 ans et Michaella Krajicek dont une tren­tième place en 2008 demeure à ce jour sa meilleure perfor­mance. Bref, un rang indigne de Serena et de son talent. Consciente de cela, elle assu­rait déjà en début d’année à ses fans : « Je serai de retour meilleure que jamais le plus vite possible. » En atten­dant, les tour­nois s’en­chaînent et son retour se fait toujours attendre.

Depuis l’été 2010, les pépins de santé de Serena Williams n’ont pas épargné la joueuse. Jugez plutôt : deux opéra­tions au pied droit, plusieurs hospi­ta­li­sa­tions, quelques points de suture par‐ci par‐là, une dépres­sion et une très longue période de réédu­ca­tion. Voilà qu’en mars 2011, rebe­lote. Cette fois‐ci, celle qui a gagné treize Grands Chelems doit affronter une embolie pulmo­naire, alors même qu’un retour prochain sur les courts était envi­sagé. Mais cette énième diffi­culté n’at­teint pas le moral de l’Américaine, tout juste retarde‐t‐elle sa renais­sance. En tout cas, elle lui fournit un surcroît de moti­va­tion, comme elle l’avoue : « Être passée près de la mort n’est pas facile. C’est pour­quoi je dois toujours garder cela en tête lorsque je suis un peu trop dure avec moi‐même notam­ment quand je sens que je ne progresse pas. Dès que j’y arri­verai, je serai en mesure d’avancer. » Début juin, enfin elle avance…

Un an presque jour pour jour après son dernier coup de raquette sur le circuit WTA, Serena Williams retrouve la joie de fouler les courts de tennis. Pour son grand retour en compé­ti­tion, elle choisit Eastbourne et son herbe. Pied de nez de l’his­toire, c’est Vera Zvonareva, la même qu’elle a battue l’année dernière en finale de Wimbledon, qui élimine la reve­nante dès le deuxième tour. Reste qu’en dépit d’un niveau encore fragile, la cadette des sœurs Williams est bien de retour. Les rumeurs sur une possible retraite préma­turée, la joueuse les balaye d’un revers de main : « J’ai toujours aimé ce sport. Je ne sais pas si quelqu’un pour­rait l’apprécier davan­tage que moi. » Pour se convaincre de l’at­ta­che­ment viscéral de Serena au tennis, il n’y a qu’à voir son émotion au moment de sa victoire sur le gazon anglais face à Aravane Rezaï. C’était il y a un mois, pour le premier tour de Wimbledon… Qu’importe ensuite si Marion Bartoli l’éli­mine au stade des seizièmes de finale du Grand Chelem londo­nien, gagner ici était primor­dial pour la sœur Williams, comme pour mettre fin à une paren­thèse sombre de sa carrière. Depuis ? La native de Sagisaw s’en­traîne sans relâche pour revenir à son meilleur niveau. Avec son équipe, les Kastles de Washington, elle multi­plie les sorties notam­ment en double. Dernière perfor­mance en date, sa victoire sur… Martina Hingis 5–3, retraitée des courts depuis 2007. Plus que le succès, c’est l’amour du jeu que Serena est venue recher­cher dans le cadre de la World Team Tennis, un besoin de redé­cou­vrir des sensa­tions qu’elle avait perdues des suites de sa longue conva­les­cence : « C’est agréable d’être de retour, j’adore jouer. J’ai vrai­ment eu du plaisir sur le terrain. Ce fut une longue journée, mais au moins, j’y suis arrivée. »

Encore fébrile physi­que­ment, l’Américaine a décidé de jouer l’avant saison de dur, histoire de reprendre ses marques. Sont au programme avant l’US Open, ni plus ni moins que les tour­nois de Stanford, Toronto et Cincinnati. Une prépa­ra­tion intense donc en vue du Grand Chelem améri­cain, preuve que Serena Williams nourrit quelques ambi­tions. La dernière fois que l’an­cienne numéro une mondiale a échangé des balles à New York, c’était en 2009 contre une certaine Kim Clijsters, elle aussi sur le retour.

A propos de l’auteur

Jérémy Lacoste

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.