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Wonderful Kaia !

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Kaia Kanepi remporte le deuxième titre de sa carrière, à Brisbane. L’Estonienne domine Daniela Hantuchova, 6–2 6–1, en 1h14.

16 points à un. C’est le tarif imposé par Kaia Kanepi à Daniela Hantuchova lors des quatre premiers jeux du deuxième set. Un tarif repré­sen­tatif de la rencontre entre les deux joueuses, qui aura vu l’Estonienne surclasser son aînée slovaque. 1h14 de jeu, 6–2 6–1 : ce tarif est très sévère, mais montre bien les progrès réalisés par Kaia depuis quelques mois. Quart de fina­liste à Tokyo fin septembre, vain­queur de la numéro une mondiale Caroline Wozniacki, puis fina­liste à Moscou, elle a, certai­ne­ment, attaqué l’in­ter­saison avec les meilleures inten­tions, déter­minée à passer un palier en 2012. Autant vous dire que les premiers jalons posés dans cette direc­tion laissent assez opti­miste. Avec une première semaine de l’année marquée par ce titre à Brisbane, un Premier Event, mais aussi par des victoires sur Anastasia Pavlyuchenkova, Andrea Petkovic et Francesca Schiavone, elle peut se prêter à espérer des hori­zons enfin radieux – des hori­zons semblables à ceux de Petra Kvitova, vain­queur ici‐même début 2011 et qui vécut la saison qu’on lui connaît ? Allez, l’hu­mour permet de l’ima­giner : « Si je joue comme j’ai joué cette semaine, pour­quoi pas ? (Rires) », se prête‐t‐elle à rêver.

En même temps, il serait enfin temps ! Kaia Kanepi, c’est, quand même, un ancien vrai espoir du tennis mondial, qui, faute de se trouver une constance, n’a jamais vrai­ment et défi­ni­ti­ve­ment percé au tout haut niveau, à 26 ans révolu. Ex‐numéro une mondiale chez les Juniors, vain­queur à Roland Garros en 2001, battant alors Svetlana Kuznetsova, Dinara Safina, mais aussi, quelques mois plus tard, Maria Sharapova, elle s’est, pour le moment, illustré par des coups ponc­tuels : une 16ème place mondiale (2011), un titre à Palerme (2010) et des quarts de finale à Roland Garros (2008), Wimbledon (2010) et l’US Open (2010). La constance, c’est ce que semble avoir acquis cette bombe aux frappes super­so­niques. « Avant, j’étais bien plus irré­gu­lière », expliquait‐elle hier. « Je pouvais dominer une top player un jour et perdre contre une inconnue le lende­main. Désormais, je suis plus constante ! »

« Désormais, je suis plus constante »

Aujourd’hui, les choses ont évolué et c’est des étoiles plein les yeux qu’elle a vécu cette journée parti­cu­lière. « C’est génial, je suis folle­ment heureuse ! Après le match (face à Hantuchova), je ne pouvais plus m’ar­rêter de sourire ! » Tout en restant lucide, avec, comme maître mot, ne pas s’en­flammer : « Ca ne m’est pas arrivé souvent dans des tour­nois de gagner autant de matches sur ce type de scores (NDLR : elle a laissé 16 jeux seule­ment sur ses quatre derniers matches). C’était ma semaine, j’ai vrai­ment bien joué et j’es­père conti­nuer et m’amé­liorer. Mais je dois être prête, parce que l’his­toire m’a montré que rien ne venait faci­le­ment avec moi. Je dois surtout conti­nuer à travailler dur. »

De quoi laisser bien peu de regrets à Daniela Hantuchova. « Je trouve que j’ai fait un bon match du début à la fin », ose l’ex‐numéro cinq mondiale. « Elle ne m’a quasi­ment pas donné de chances. J’ai essayé de trouver une solu­tion, mais ça n’a pas fonc­tionné aujourd’hui. Elle était juste meilleure dans tous les compar­ti­ments du jeu et elle a vrai­ment mérité de gagner. » Et, surtout : « Si elle est capable de faire ce qu’elle a fait cette semaine sur le long terme, elle sera dans le top 10 très rapi­de­ment. Mais ça va dépendre de sa capa­cité à répéter ce type de perfor­mances. Elle a un gros, gros jeu, un très bon service – l’un des meilleurs du circuit actuel­le­ment – et elle bouge aussi vrai­ment très bien… »

Franchement, il y a pire, pour commencer l’année, non ? Bravo, Miss Kanepi !

Les high­lights – merci arseballe !

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A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.