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Martina Hingis : l’analyse d’une Ancienne

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Martina Hingis sera présente à Charleston ce week‐end à l’oc­ca­sion des 40 ans de la Family Circle Cup. La plus jeune numéro un mondiale de l’his­toire fait le point dans une inter­view accordée au site tennis.com. Paroles d’une cham­pionne sur les joueuses actuelles, le rôle qu’elle tenait au sein du Conseil des Joueuses et sa vie en dehors du tennis.

Martina évoque Victoria Azarenka et Agnieszka Radwanska

« Victoria est sûre d’elle. Elle me fait penser à moi à une période. Vous allez sur le court, et vous sentez que vous ne pouvez pas perdre. C’est un grand avan­tage parce que vous n’est pas nerveuse et vous jouez bien. Elle va être diffi­cile à battre pour n’im­porte quelle joueuse en ce moment. […] C’est une joueuse qui a toujours très bien joué. Mais aux Grands Chelems où elle a pu atteindre les quarts ou les demi‐finales, elle n’a pas pu battre les meilleures. Je ne sais pas si elle était nerveuse ou autre, je ne suis pas à sa place. Parfois vous pouvez avoir un premier ou deuxième round diffi­cile mais ça commence à être vrai­ment dur lors des quarts et la deuxième semaine. C’est là où vous devez donner votre meilleur jeu. On n’a jamais vu ça d’elle avant. Je pense vrai­ment que le tour­nant de son jeu s’est produit lors de la finale des Championnats de WTA l’année dernière. Puis elle a commencé à bien jouer en Australie et ailleurs. Elle a eu un déclic. Je ne sais pas ce que c’est mais il y a eu quelque chose. Est‐ce de l’as­su­rance ? Je pense que physi­que­ment et menta­le­ment, tout s’est mis en route. Après avoir gagné des matches, la confiance suit. Mais il faut toujours aller sur le terrain et frapper la balle. […] Agnieszka Radwanska n’a pas la même puis­sance que certaines autres joueuses, mais elle se rattrape lors­qu’elle récu­père les balles et grâce à sa stra­tégie. Je pense qu’il est diffi­cile de dire qu’elle joue comme moi, chaque joueuse est unique. »

Martina Hingis était membre du Conseil des Joueuses il y a dix ans. Elle revient sur ses actions et parle de ce qu’elle y ferait aujourd’hui

« Oh, le Conseil des Joueuses était au second plan à mon époque. On voulait toutes avoir notre mot à dire sur la façon dont le circuit devait être mené. Dans un sens, on voulait se protéger. Nos prio­rités étaient d’avoir de bons tour­nois et des spon­sors et savoir ce qu’il se passait sur le circuit. Je pense que c’est très impor­tant de suivre ça même si vous êtes une joueuse. Vous devez être inté­ressée par vos matches mais je pense qu’il y a beau­coup plus que ça. […] Le tennis a telle­ment changé. Ce sport a beau­coup grandit donc il y a plein de choses à faire. Mais il devrait être mieux réparti entre les joueurs. Les hommes ont beau­coup plus de tour­nois. Ils ont trois événe­ments la même semaine là où les femmes n’en ont qu’un. On veut étendre le monde du tennis, pour faire ça il faudrait qu’on n’ait pas à jouer toujours les unes contre les autres. A un moment vous jouez contre une Williams une semaine, après vous jouez contre les deux la semaine d’après, alors que vous avez Davenport, Seles et Capriati qui attendent. Donc c’était assez dur. Les hommes peuvent se répartir eux‐mêmes. Comme Nadal qui joue le tournoi du Queen’s avant Wimbledon et Federer l’Open de Halle. Ils n’ont pas à jouer l’un contre l’autre à chaque fois. De mon temps ce n’était pas comme ça. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd’hui mais je pense que c’est le même problème entre les joueurs encore et encore. Il faut plus de tour­nois et qu’ils soient plus grands. »

La Suissesse décrit les rapports qu’elle a avec les anciennes joueuses et parle de sa vie actuelle en‐dehors des courts

« Oui je suis restée en contact avec quelques joueurs des Grands Chelems. Avec Lindsay Davenport par exemple. J’ai joué avec elle l’année dernière à Roland Garros et à Wimbledon. Elle fait des inter­views pour Tennis Channel. Elle m’a envoyé un texto avant la céré­monie de Doha et bien sûr on était en contact quand elle a eu son bébé en janvier dernier. Je revois aussi Monica Seles et Anna Kournikova à certains événe­ments de tennis. […] Je continue à regarder le tennis mais je ne pense pas à faire des commen­taires à la télé­vi­sion comme je l’avais fait en 2004. Je suis invitée à beau­coup de tour­nois. Au début de l’année, j’ai eu l’im­pres­sion de faire tous les tour­nois : Paris, l’Australie, Doha et main­te­nant je vais à Charleston. Les joueurs croient que je rejoue alors qu’en fait je vais aux anni­ver­saires. Il y en a eu beau­coup cette année, Coubertin et Charleston. J’adore venir voir beau­coup de joueurs. Bien sûr Azarenka est géniale et c’est très amusant de la regarder en ce moment. Mais il ya plusieurs joueuses de la WTA qui peuvent la concur­rencer pour sa première place. Du côté des joueurs, j’ai eu plaisir à observer la riva­lité Federer‐Nadal, et je vais être très impa­tiente de voir si Djokovic peut garder la première place sur le long terme. […] Je ne pense pas du tout revenir au tennis profes­sionnel. Ma vie est agréable et confor­table, et j’aime venir jouer pour ces évène­ments. Je m’en­traîne un petit peu et c’est suffi­sant. L’entraînement intensif et les voyages ne me manquent pas. Je pense que c’est pour les jeunes joueurs maintenant. »

Le livre « Grand Chelem, mon amour » est dispo­nible. Retrouvez les 40 matches de légendes de la décennie 2001–2011. Un livre de la rédac­tion de GrandChelem/Welovetennis.