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Un bourreau nommé Murray

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L’équipe de France a dit adieu à ses rêves de titre en Coupe Davis. Après un début de match qui a laissé imaginer un formi­dable, Gilles Simon a fini par céder contre Andy Murray. Le numéro 3 mondial s’impose en quatre manches, 4–6 7–6(5) 6–3 6–0, après 3h26 de jeu, et envoie la Grande‐Bretagne dans le dernier carré de la compé­ti­tion pour la première fois depuis 1981. Pour les Bleus, c’est encore raté…

Il faudra (encore) attendre un an de plus. Après l’échec en finale en 2014, les Bleus sont stoppés cette année en quarts de finale par la Grande‐Bretagne. Ou plutôt par un homme : Andy Murray. Presque à lui tout seul, le numéro 3 mondial envoie son pays dans le dernier carré en appor­tant trois points : deux en simple et un en double, avec son frère, Jamie. Ce dimanche il fallait un exploit de Gilles Simon. Le Niçois a bien cru le tenir pendant deux sets. L’entame de match est idéale. Après un break réalisé à 1–1 suite à une excel­lente défense, Gillou tient son service et fait ce qu’il aime le plus, faire déjouer son adver­saire. L’inquiétude inter­vient à 4–3, quand sur la reprise d’appui après un service, il glisse lour­de­ment. Le genou semble être touché et le Tricolore reçoit un (premier) temps mort médical. Au courage, il sauve deux balles de débreak et parvient à conclure ce set (6–4).

Un tie‐break (encore) crucial…

Gillou est libéré. Il break d’entrée le Britannique, qui est mécon­nais­sable. Jusqu’à 4–2, le protégé d’Amélie Mauresmo commet de grosses fautes (37 sur les deux premiers sets contre 13 sur les deux suivants), s’écroule sur ses frappes. On se prend alors à rêver. Surtout quand le Frenchie se procure une balle de double break à 4–2 (parfai­te­ment effacée par un enchaî­ne­ment service – coup droit). Mais sur le jeu suivant et sur sa première oppor­tu­nité du set, Muzzard fait plier le Français dans la diago­nale revers avec son slice. Tout est à refaire. Ce set se joue au jeu décisif. Mais ce tie‐break a un air de déjà vu. Malgré son avance (4–1), le Frenchie craque et ne remporte qu’un seul point sur six sur ses mises en jeu, trop peu pour envi­sager mieux. Le constat est terrible.

Première depuis 1981 pour la Grande‐Bretagne

Comme lors des rencontres de Jo‐Wilfried Tsonga et du double, ce tie‐break a été fatal. Andy Murray est de mieux en mieux, rate de moins en moins. Tout l’inverse de Gillou, atteint psycho­lo­gi­que­ment par la perte de ce deuxième set. C’est terrible tant l’issue du match est alors inévi­table. Après une deuxième grosse chute à 2–0 au quatrième set qui entraîne un deuxième temps mort médical, le Niçois est touché à sa cheville gauche. L’Écossais ne se fait pas priver pour infliger alors une « bulle ». Pour la première fois depuis 1981, la Grande‐Bretagne dispu­tera une demi‐finale de Coupe Davis. Andy Murray et ses parte­naires affron­te­ront l’Australie, le mira­culé du week‐end. 

Nouvel échec pour les Bleus

Après l’échec terrible en finale en 2014, les Bleus avaient une belle carte à jouer dans cette édition 2015. C’est encore raté. Sur ce match, il n’y a rien à repro­cher à Gilles Simon qui aurait pu (ou du) mener deux manches à rien. L’histoire aurait été diffé­rente. Ce nouveau revers pour­rait faire mal à cette génération… 

De votre envoyé spécial à Londres