AccueilLi : "C'est juste un match"
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Li : « C’est juste un match »

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Na Li s’est elle aussi rendu en salle d’interview pour un petit point presse à la veille de sa deuxième finale de Grand Chelem de l’année. Elle sait que pour son pays, ses résul­tats comptent beaucoup.

25 millions de chinois ont regardé la fin de votre match hier contre Sharapova, est‐ce que cela vous donne des ailes ou cela vous met‐il la pression ?

« Seulement 25 millions ! On m’a dit que c’était 40 ! En tout cas, on a dit aux infor­ma­tions qu’il y avait 40 millions, vous dites 25. Cela veut dire qu’il faut que je fasse mieux mon boulot pour qu’il y ait plus de gens encore qui s’in­té­ressent à mon tennis. Je ne sens jamais la pres­sion. Je sens qu’il y a beau­coup de gens qui me soutiennent, qui me poussent et j’aime cela ».


Vos matchs précé­dents, ici, à Roland Garros, vont‐ils vous aider demain menta­le­ment ou physi­que­ment, qu’allez‐vous en retirer ?

« Mentalement, je suis toujours forte. Je n’ai pas besoin que l’on me pousse davan­tage. Je vais faire comme je fais toujours sur le court. Je n’ai pas envie de penser que demain, c’est la finale. Je veux me dire que c’est juste un match ».

Les joueuses plus matures ont du succès ?

« Je pense que l’on a plus d’ex­pé­rience car on est sur le circuit depuis telle­ment d’an­nées, on sait ce qu’il faut faire sur un court. On est forte menta­le­ment, c’est vrai que de nombreuses joueuses qui arrivent sur les Grands Chelems sont, comme vous le dites, un peu plus vieilles (rires) ».

Vous sentez‐vous vieille autre­ment ? Quand vous voyez arriver des adoles­centes, vous dites‐vous : « oh mon dieu que je suis vieille ! » ?

« Non. (rires). Bien sûr, quand vous voyez arriver des jeunes, qui jouent très bien au tennis, vous repensez à ce que vous étiez et vous voyez que vous avez vieilli. À mon âge, on ne peut plus changer grand chose, on fait son métier comme on doit le faire ».

En Chine, de nombreux spor­tifs ont commencé dans le système sportif d’Etat. Alors que vous, vous avez suivi un chemin diffé­rent. Pensez‐vous que la Chine pour­rait avoir plus de réus­sites spor­tives si plus de jeunes faisaient comme vous ?

« Pour moi, quand j’étais jeune, le gouver­ne­ment, comment vous dites…, m’a beau­coup soutenue. Donc, oui, ils ont payé mon entraî­neur. Ils ont payé mes dépla­ce­ments, ils ont tout payé pour moi. Je n’ai eu mon équipe, à moi, que fin 2008 parce que je ne voulais pas changer la façon dont je faisais les choses aupa­ra­vant. Chaque sport est diffé­rent aussi, si vous jouez au volley, vous ne pouvez pas jouer simple­ment pour vous, il faut jouer avec une équipe. En revanche, au tennis, chaque joueur est diffé­rent, tout le monde ne peut pas avoir la possi­bi­lité de disposer d’une équipe qui l’en­toure, donc il faut des gains, sinon vous ne pouvez pas payer votre équipe, mais seule­ment votre entraî­neur, sinon vous n’avez plus d’argent dans votre poche. Maintenant, je pense pouvoir jouer un bon niveau de tennis. Je ne dis pas aux jeunes qu’ils doivent me copier. Personne ne doit copier qui que ce soit, il faut trouver le meilleur moyen pour soi ».

Le fait de vous prendre en charge vous‐même à partir de 2008, vous a‑t‐il aidé à arriver à ces très bons résul­tats cette année, est‐ce que le fait d’avoir composé votre équipe vous a aidée ?

« Ce n’est jamais tout blanc ou tout noir. Je ne suis pas sûre que parce que j’ai mon équipe autour de moi, cela me permet de mieux jouer aujourd’hui qu’a­vant ou si c’est parce qu’aujourd’hui, je reste une joueuse dans l’équipe natio­nale. Par exemple, si j’ai besoin de quelque chose, si j’ai besoin d’obtenir un visa, je demande à la Fédération de m’aider à l’obtenir parce que, vous savez, pour nous, c’est plus diffi­cile d’obtenir un visa. Donc, je demande beau­coup de choses à la Fédération. Nous avons toujours une bonne commu­ni­ca­tion. Je ne sais pas. On verra peut‐être avec le temps ».

Dans votre vie de quoi êtes‐vous le plus fière ? En tant que jeune fille, vous souvenez‐vous d’avoir regardé Roland Garros à la télé­vi­sion par exemple ?

« De ce que je suis fière ? Je suis toujours fière de ce que je fais. Parmi les joueurs chinois, on n’est pas très nombreux à pouvoir faire deux finales à la suite. Donc, j’es­saye de faire de mon mieux sur le court et pour un joueur de temps en temps vous jouez bien, de temps en temps mal, et quand vous jouez mal vous ne pouvez pas vous détester, vous faites les choses pour vous. Il ne faut surtout pas penser que l’on fait les choses pour les autres. Moi je fais les choses pour moi et donc je me bats pour moi. Et deuxième question ? ».

Regardiez‐vous Roland Garros quand vous étiez jeune ?


« Quand j’étais jeune, en Chine, on ne retrans­met­tait pas beau­coup de tour­nois à la télé­vi­sion. Quand j’étais jeune, je n’avais pas la possi­bi­lité de regarder du tennis. C’est dur pour moi aussi, mais main­te­nant cela s’amé­liore parce que les jeunes joueurs peuvent voir les matchs à la télévision ».

De votre envoyée spéciale à Roland Garros.